Alors que 2003 devrait être l'année clé pour démarrer le projet de conversion
et que l'échéance 2005 se rapproche à grande vitesse, Mazars a décidé de
mener une enquête auprès de 425 entreprises européennes, cotées et non
cotées, dans 6 pays, afin de connaître leur niveau de préparation et leur opinion
sur l'ampleur de ce changement.
Lourd, complexe, coûteux… Le passage aux normes IAS (International Accounting
Standards)-IFRS (International Financial Reporting Standards) au 1er janvier 2005 est
certainement tout cela. Face à l'ampleur de la tâche,
seules 55 % des entreprises
cotées interrogées ont déjà mis en place, à 18 mois de l'échéance, une organisation
spécifique. Ce résultat indique que le processus général de préparation est plus
lent et plus tardif que ce que les experts avaient pu prévoir. Cette difficulté à mobiliser
est également accrue par le fait que tous les nouveaux principes comptables
ne sont pas encore édictés et que l'IASB doit encore finaliser les textes de certaines
normes.
Mais le changement de normes est aussi
un formidable levier pour l'émergence
d'un marché financier européen pour 75 % des entreprises cotées interrogées et
intéresse 55 % des entreprises non cotées qui souhaitent les appliquer. Ce
chantier qui concerne près de 5 millions d'entreprises en Europe (les 7 000 sociétés
cotées de l'Union Européenne, les filiales de groupes européens cotés, les groupes non
cotés émettant des titres de créance négociables sur un marché réglementé de l'Union
européenne, les filiales de groupes européens non cotés dont le pays autorise ou impose
l'utilisation des IAS-IFRS…) est un enjeu considérable pour toutes les parties
prenantes : dirigeants, actionnaires, auditeurs, analystes financiers.
Cet enjeu est d'autant plus fort que la quarantaine de normes IAS-IFRS constitue
plus qu'un formidable changement de référentiel. Elles rejettent les évaluations
fondées sur la convention ou l'apparence et se donnent pour but de mieux
traduire la réalité économique d'aujourd'hui. Elles devraient contribuer à renforcer
l'efficacité du marché intérieur européen, à réduire le coût de collecte des capitaux
pour les sociétés, à redonner confiance aux investisseurs et in fine à améliorer la
compétitivité et la croissance des entreprises.
Le sujet est donc stratégique. Ce sont les entreprises qui se montreront les plus
transparentes et qui accompagneront le mieux leurs publics dans la compréhension
de l'impact de ce changement qui en sortiront gagnantes.