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La création du cabinet Robert Mazars
En 1962, le cabinet quitte la rue de Buffon à Rouen pour s’installer rue Thiers. La clientèle s’est beaucoup développée et modifiée, et il se voit confier plusieurs missions d’audit et de commissariat aux comptes par des sociétés importantes dont le siège est à Paris.
Le 1er janvier 1965 la SARL cabinet Robert Mazars est créée.
Ses affaires et ses responsabilités appellent Robert Mazars de plus en plus souvent à Paris, où le cabinet anglo-saxon Touche Ross, l’un de ceux que l’on appelait les « Big Eight » à l’époque, met un bureau à sa disposition boulevard Haussman.
Finalement, fin 1973, l’équipe d’auditeurs s’installe à Paris, dans un trois-pièces rue Drouot, le reste du cabinet demeurant à Rouen.
La même année, lors du Congrès international de Sydney, est créé l’International Accounting Standards Committee (IASC), qui joue depuis un rôle considérable dans l’établissement de normes internationales.
Robert Mazars y est le premier représentant pour la France de l’Ordre des experts-comptables et de
la Compagnie des commissaires aux comptes.
Le cabinet est régulièrement recommandé par de grands acteurs de la vie économique, de grandes banques, des ministères, de grands cabinets d’avocats ou de conseil.
A partir de 1970, le cabinet Robert Mazars, reconnu pour sa compétence et son indépendance, se voit confier des missions de plus en plus importantes.
À travers ses prestigieux clients, Robert Mazars bénéficie d’une vision unique de la vie des affaires en France, avec le commissariat aux comptes d’EDF et de GDF (1976), les audits du groupe Willot (1974), de la Compagnie des machines Bull (1975), et de l’acquisition de Citroën par Peugeot (1976), l’expertise de la Société L.M. Ericsson dans le cadre de la reprise par Thomson de son activité téléphone en France, puis le commissariat aux comptes des Charbonnages de France (1978), l’audit de fusion de la Caisse nationale des marchés de l’État et du Crédit Hôtelier (1981), l’audit et la participation à la négociation de rachat des établissements Boniface par la Société Borden USA (1982).
Pendant cette période, le cabinet Robert Mazars obtient des mandats de commissaire aux comptes chez Aérospatiale et ses filiales, Airbus Industries, le groupe Thomson, la Compagnie bancaire et ses filiales, la SNCF, le groupe Hachette, Publicis, et quelques missions d’audit auprès du groupe Boussac Saint Frères, de la Chapelle Darblay, des Chantiers de la Ciotat, et de filiales du groupe Promodès.
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La naissance d’un «droit de la comptabilité»
En 1962, Robert Mazars devient membre du Conseil supérieur de l’Ordre, qui comprend alors deux catégories, les experts-comptables et les comptables agréés.
Le Congrès annuel de l’Ordre de 1963, centré sur les diligences normales en matière de travaux comptables, est à cet égard historique : «Il n’est plus question des droits des membres de l’Ordre, mais de leurs devoirs. » En effet, les experts-comptables ayant une obligation de moyens, et non de résultats, il est « indispensable de définir les moyens pour chaque type de mission, c’est-à-dire les diligences normales».
À l’issue de ce Congrès, il est décidé de créer au sein du Conseil de l’Ordre un Comité permanent des diligences normales chargé d’élaborer une doctrine de base.
Le Comité est constitué en 1964, et Robert Mazars en assure la présidence pendant vingt-cinq ans. Une quarantaine de recommandations seront publiées ; elles sont maintenant « reconnues comme l’une des sources de ce qu’il est convenu d’appeler le droit de la comptabilité ».
En raison du retard accumulé dans ce domaine par la France, le Congrès de 1965 est lui aussi consacré à « la révision, théorie et pratique du contrôle des comptes ». Le terme d’audit n’est pas encore employé… mais le concept est là et vulgarisé. La loi de 1966 sur les sociétés commerciales lui donne existence légale.
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